Au début du XIXè siècle le doyen Bridel, pasteur à Montreux, a visité différentes cavités accessibles du massif. Il y aurait trouvé des outils de chercheurs d'or. En août 1808, il écrivait "Ces dernières ont été de tous temps fréquenté par les chercheurs de métaux qui s'y rendent de loin et en grand secret. Ils y ont laissé des échelles actuellement pourries de vétusté. Des hommes de bon sens, qui ont pénétré avec des lumières, m'on dit y avoir marché pendant une heure, et être parvenus, selon leur estime, très avant sous la montagne de Naye..." Un texte datant de 1830 parle de la Grotte de l'or. Des recoupements ont montré qu'il s'agit de l'actuelle Tanna des Mineurs (dans le Revers des Chercheurs). En 1844, E.Duffoug cite dans "District de Vevey et les Alpes Vaudoises": Il est souvent arrivé que des curieux s'y soient hasardés et ont pénétré fort avant dans le sein même de la montagne. Dès 1892, Monsieur Constant Dutoit, professeur à Montreux, explore la Grotte du Glacier depuis son entrée inférieure. Il parvient aisément dans la première salle qui porte depuis le nom qu'il lui a donné: La salle du Glacier. Il y avait effectivement un véritable petit glacier souterrain alimenté par le "Trou à l'Aigle". En bon explorateur, Constant Dutoit n'en resta pas là. Ayant remarqué qu'il y avait certainement une possibilité d'aller plus haut, il entreprit une désobstruction à l'explosif. Malheureusement, cette percée eût un effet négatif sur le glacier. Quand, en 1924, A. Virieux voulut entreprendre une étude sur le glacier, il ne put que constater que ce dernier avait fondu. En effet, le courant d'air provoqué par le passage creusé à la dynamite ne permet plus à la glace de se former et ce n'est plus qu'un simple tapis de glace temporaire qui reste comme vestige de ce qu'il devait y avoir à l'époque. Le professeur Dutoit explora aussi la galerie des Sources. C'était, dit il, "une crevasse de rocher". Il y découvrit aussi des traces de chercheurs d'or (pioches, planches, etc. ...). Au bout de la galerie (Petit Lac) notre explorateur indique qu'il arrive "au fond d'un puits à peu près cylindrique de trois mètres de diamètre. Impossible avec la seule lumière de la lanterne d'en voir le fond, c'est à dire la partie supérieure". En1977, Etienne Aubord et moi-même étions en exploration dans le nouveau réseau des Merveilles. Après la descente d'un puits de quarante-cinq mètres, nous sommes arrivés au fond de ce"puits à peu près cylindrique. Nous avions ainsi établi une jonction entre cette galerie des sources et le nouveau réseau. 45 mètres. On comprend que leur lanterne n'éclairait pas le haut de cette cheminée ! 1895. C'est l'année ou G.Pfeiffer visite ces grottes en compagnie de V.L.Blanc, de Brent. En 1897, c'est le père de la spéléologie, Edouard?Alfred Martel (1859?1938) qui la visita partiellement lors d'une de ses campagnes spéléologiques hors de France. Il était accompagné par le professeur Dutoit. Dans son "nouveau traité des eaux souterraines", il publia une coupe très schématique. C'est dans la revue française "Spelunca", en 1899, qu'il consacra un article à la cavité. En 1919, découverte de la Grotte des Dentaux. Travaillant à la création du chemin devant rejoindre Sonchaux aux Rochers de Naye, des ouvriers découvrent la cavité à la suite d'un coup de mine. Avant 1920, Auguste Bussard, un gruyèrien, atteignit la cote ?147m dans le gouffre de la Tanna l'Oura (Naye d'en Bas). C'est en 1924 que A.Virieux tente quelques études sur la grotte du Glacier. Dans les années 1930, suite à plusieurs accidents mortels, une polémique concernant la fermeture ou non de la grotte du Glacier aboutit à un aménagement du passage de tourisme pédestre. 1939. Seconde guerre mondiale. Un évènement qui se produisit à la Brigade de Montagne 10, va avoir une influence prédominante sur l'évolution de la spéléologie en Suisse et ...aux Rochers de Naye. J.J.Pittard, spéléologue éminent de l'équipe des "Boueux" de Genève, est pressenti pour effectuer un classement des cavités naturelles et artificielles aux abords des préalpes. Ainsi naît le service de reconnaissances souterraines de la Brigade de Montagne 10. Le premier aide de J?J.Pittard est le sapeur Vincent Rambert, ingénieur forestier. Celui-ci fondera la section de Montreux en 1940, peu après la naissance de la Société Suisse de Spéléologie provoquée par la création de ce service de l'armée. Vincent Rambert et ses collègues travaillèrent beaucoup dans le massif des Rochers de Naye, dressant les plans de cavités connues et poursuivant diverses explorations, principalement à la Tanna l'Oura, la Grotte du Glacier et le Gouffre d' Arennaz. Après la guerre, cette impulsion donnée à l'exploration souterraine provoque la naissance de plusieurs sections dont les animateurs ont presque tous participé à l'activité du service de reconnaissances souterraines (SRS Br Mont 10). Dans le massif des Rochers de Naye, une équipe de spéléologues de diverses sections romandes poursuivent les explorations de la Tanna l'Oura, du gouffre d'Arennaz, de la Grotte du Glacier et du Gouffre du Jardin Alpin.